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Opération Nordwind - Bataille de Reipertswiller

Un bataillon américain de 800 hommes anéanti dans les Vosges en janvier 1945


28 avril 2026 Réorganisation de la page, ajout de photos,
Ajout du Journal du 1er Bat/157th avec qui convertit les coordonnées militaires vers une carte Googlemaps! Un document exceptionnel pour suivre la bataille heure par heure du 16 au 25 janvier 1945.

Ajout d'une nouvelle carte: le Saillant de BITCHE qui montre chronologiquement chaque unité -au niveau compagnie- dans les Vosges avant l'arrivée du 157th à Reipertswiller. Document exclusif phénoménal!

Novembre 2025 Ajout des citations de décernements de médailles de février/mars 1945 pour la 42e Division qui a relevé la 45e dans le secteur grâce à des documents déclassifiés en 2023.
Ajout du déroulement global de l'Opération Nordwind et déplacement des unités/lignes de front sur une carte.
Cette bataille méconnue est pourtant aujourd'hui encore enseignée à West Point l'école d'officiers américaine.

Du 12 au 20 janvier 1945 le 3e bataillon (du 157e Régiment de la 45e Division d'infanterie de la VIIe Armée US) qui comptait 800 hommes a été anéanti à Reipertswiller: 158 tués, 350 évacués pour blessures et maladies, 426 prisonniers -dont 200 blessés- c'est pour ça qu'ils se sont rendus: pour que les blessés soient soignés.
Seuls deux américains encerclés s'en sont sortis vivants, avec le PC du bataillon commandé par le Colonel Sparks situé à Lichtenberg.

Après la perte totale du troisième bataillon, le jeune Colonel Sparks n'a pas été sanctionné, car il n'a pas démérité sur le plan tactique, il s'est même rendu en personne en première ligne pour ramener des blessés en grimpant sur un tank (il reste des étuis de 12.7mm là-haut).
Donc comment expliquer cette défaite américaine?

Quand deux armées avancent en même temps, c'est toujours une boucherie.
Les vétérans US disent que c'est ce qu'ils ont connu de pire. Pire que Anzio.
Cinq jours dans la neige, l'artillerie et la montagne, sans nourriture ni munitions ont poussé les hommes jusqu'à leur limite.
Voici la chronologie de la bataille, depuis leur débarquement en Provence le 15 aout 1944 jusqu'à leur retrait du front de la 45e Division le 17 février 1947.

Forces en présence

De la Provence à l'Alsace

Opération Nordwind 31/12/1944 et Reipertswiller


28 décembre 1944 Adolf Hitler affirme
« Cette attaque a pour but très clair l'anéantissement des forces ennemies.
Il s'agit pour nous de faire disparaître les forces ennemies là où nous les trouverons.
L'impact sur le peuple allemand serait immense, l'action sur le monde serait déterminante, l'impact psychologique terrible.
»

Les allemands envoient des patrouilles, par exemple le 29 décembre au sud de Bitche 5 allemands tuent une sentinelle, en blessent 3 autres et capturent un Lieutenant de la Task Force HUDELSON (de la troupe "B" du 117th Cavalry Reconnaissance Squadron).

Presque toute la France a été libérée, sauf les poches de Royan, Saint-Nazaire, Dunkerque, la vallée de Tende au nord de Menton, et la poche de Colmar devant laquelle l'armée française bute faute d'effectifs suffisants, et qui constitue une menace pour la suite de l'avancée de la VIIe Armée US. Comme les français ont du envoyer des troupes en arrière pour nettoyer ces poches de résistance allemandes, ce n'est qu'en février 1945 que la Poche de Colmar sera liquidée après que deux Divisions d'infanterie américaines ne soient envoyées en renforts.

La 45e Division est déjà en Allemagne sur la ligne Siegfried elle se bat à Schönau
Cependant le VIe Corps (TF Hudelson, 45th, 70th, 79th) savait qu'une opération se préparait, en particulier à Bitche car des mouvements ont été repérés, il donne la consigne de tenir le terrain au lieu de se mettre en danger, et de se replier au moindre signe d'attaque ennemie.

31 décembre 1944
L'Opération Nordwind commence, dont l'objectif est d'anéantir la VIIe armée US affaiblie parce qu'elle a étiré ses défenses puisque l'armée de Patton s'est déplacée vers les Ardennes; reprendre Haguenau et Strasbourg par un double encerclement. Ces villes étaient considérées comme allemandes.

41 000 soldats allemands sont engagés dans Nordwind, dont deux divisions de SS.
Les allemands attaquent au sud-est de Bitche à 23h10, en hurlant "comme s'ils étaient drogués". Les unités de la TF HUDELSON, pourtant bien retranchées, doivent se replier pour éviter un encerclement et une destruction totale, parce qu'attaquées simultanément par trois côtés.
les allemands récupèrent quantité de matériel américain, certains portent même des uniformes américains, d'autres avancent en véhicules américains!
Un soldat de la TF HUDELSON gravement blessé. Lorsqu'il se réveille (dans la neige), il est coincé sous un Half-track retourné, n'a plus que son pantalon et n'a plus ses plaques d'identification: un allemand l'a dépouillé. Il se met à creuser pour se dégager et une patrouille amie le retrouve. Sa jambe sera amputée.
Suivez le repli de la TF Hudelson heure par heure sur cette carte ou sur cette carte Googlemaps. De son repli -pourtant héroïque: on compte un ratio de pertes de 23/1- découle les batailles qui s'ensuivent. (il me semble difficile d'évaluer les pertes de l'ennemi quand on passe son temps à se replier. Ils font environ 150 prisonniers. Les allemands eux feront 250 prisonniers d'un seul coup en tombant à l'improviste sur Wingen, après avoir contourné toutes les compagnies US)
La Task Force HUDELSON qui est totalement submergée "par toute l'armée allemande" se replie au sud jusqu'à Wingen / Reipertswiller / Philippsbourg. Pendant ce temps les renforts américains arrivent, qui déclenche les batailles dans ces villes pour empêcher les allemands de déboucher sur la plaine d'Alsace pour prendre Haguenau et Strasbourg. En effet ces villes sont situées sur des routes permettant aux tanks de passer et aux camions de ravitailler les tanks, transporter du personnel/des blessés, elles sont donc d'une importance capitale. En particulier Philippsbourg qui est situé sur une route nationale et a une voie ferrée en plus.

Le moral des américains chute: la devise des soldats passe de "On gagne la guerre en 44" à "Rester en vie en 45".
Les américains abandonnent immédiatement Strasbourg et Lauterbourg pour se replier sur la ligne défensive naturelle constituée par la rivière Moder qui passe par Haguenau, en laissant derrière eux le Génie pour faire sauter les ponts, bloquer les routes et laisser des pièges par milliers.
Pour le 157th ce fut très dur de se replier, après avoir tenu Salerne et Anzio, été quasiment les premiers en Allemagne, après s'être battus pour obtenir chaque mètre de terrain, l'abandonner sans combattre leur a semblé injuste.

De Gaulle insiste pour que les français restent et défendent Strasbourg malgré un repli général de la VIIe armée.
* De Gaulle dit à Eisenhower que s'ils n'ont pas le droit de rester pour défendre Strasbourg (ce serait pour lui une défaite politique face aux communistes), alors les français se retireront du commandement américain.
* Les américains répondent que dans ce cas, ils n'obtiendront plus une seule cartouche ni de carburant.
* Les français répondent que dans ce cas, les américains n'auront plus le droit d'utiliser les voies ferrées en France.
Bras de fer politique qui conduit Eisenhower à céder, en précisant qu'il ne supportera pas d'insubordination de la part des alliés des USA.
Strasbourg, sera effectivement attaquée par le nord (Herrlisheim, La Wantzenau) et par le sud (Erstein, Rossfeld). Certains bataillons français seront anéantis sur place mais empêcheront les allemands de prendre Strasbourg: une victoire défensive oubliée.


Carte du Front du 31 décembre 1944 au 25 janvier 1945 (avance allemande maximale)
Front du 31 décembre 1944 au 25 janvier 1945 (avance allemande maximale dans "le saillant de Bitche")

Du 4 au 12 janvier 1945 le 157e occupe les blockhaus de la ligne Maginot en envoyant de fréquentes patrouilles pour sonder l'ennemi.

3 Janvier 45 La 45e Division recule et établit son PC à Muhlhausen

Canon US de 57mm en position défensive le long d'une route des Vosges
Canon US de 57mm de la 45th en position défensive le long d'une route des Vosges
Des soldats de la 70e Division US emmènent des soldats capturés et blessés du 12e Régiment de la 6th SS-Gebirgs-Division Nord de Wingen vers Zittersheim
6 janvier 1945 des soldats de la 70e Division US emmènent des soldats capturés et blessés
du 12e Régiment de la 6th SS-Gebirgs-Division "Nord” de Wingen vers Zittersheim
 

6 Janvier 45 La 45e Division recule et établit son PC à Ingwiller



10 janvier 1945 Le 157e régiment est à Niederbronn, se déplace vers Reipertswiller pour stopper l'avancée éclair des allemands dans les montagnes des Vosges qui comptent atteindre Saverne pour encercler Haguenau et Strasbourg.
Des artilleurs du 463e Bataillon de paras se préparent à tirer au 75mm près d'Haguenau, 1945 (Photo: Pvt. William E. Miller)
Des artilleurs du 463e Bataillon de paras se préparent à tirer au 75mm près d'Haguenau, 1945 (Photo: Pvt. William E. Miller).
L'obusier peut envoyer un obus de 6.35Kg à une portée de 8700 mètres à une cadence de 3 à 6 coups par minute.


11 janvier Le 157e est à Niederbronn. Les 1er et 3e Bataillons plus le 315th régiment d'Infanterie de la 79e Division (attaché au 157e) sont en position défensive, le 2e Bataillon en réserve.
Le 1/314 (attaché à la 45e Division) parti de Niederbronn est repoussé par les allemands sur la cote 388 NNO de Reipertswiller.
Le 2/157 reçoit l'ordre de bouger en camion à Reipertswiller et reprendre la colline immédiatement. Longtemps après le début de l'obscurité le 2/157 commence l'assaut. Ils y arrivent juste avant minuit sans rencontrer de résistance.

plan IGN Reipertswiller

11 janvier Le 1er Bataillon établit son PC à Lichtenberg.
vue d'ensemble du champ de bataille depuis le chateau de Lichtenberg
Bonne vue d'ensemble du champ de bataille depuis le chateau de Lichtenberg


12 janvier le 2e Bataillon du 157th (2/157) subit des tirs de mitrailleuse et fusil longue portée, et des attaques au sol.
Les allemands tirent et font des victimes toute la journée. Ordre est donné au 314 de revenir, le 157 allant à Reipertswiller pour les relever. Le 2/157 part vers Hill 415 à l'est.


13 janvier La relève du 2e bataillon commençe peu après minuit et le bataillon est rassemblé à Reipertswiller à l'aube. Ensuite le bataillon reçoitt l'ordre de bouger immédiatement pour occuper des positions défensives sur la cote 415 au nord-est de Reipertswiller; la compagnie F prend position à gauche (à l'ouest) de la compagnie G; et la compagnie E en réserve derrière la compagnie F. L'artillerie lourde tombe toute la journée pendant que le bataillon relève des éléments du 276e régiment d'infanterie de la 70e division.
Le 315th est à gauche, le 36th Combat Enginners à droite dans les collines boisées.
Le 1er Bataillon du 157e va à Reipertswiller en camion et à pieds tard dans l'après-midi pour occuper des positions à droite (à l'est) du 2e bataillon. La compagnie A se déplace sous le feu vers ses positions défensives au nord-est de la compagnie G, sur la face avancée de la cote 415; la compagnie n'est que très vaguement liée à la compagnie G.
La compagnie B se positionne derrière et à droite de la compagnie A, très exposée puisqu'aucune autre unité US ne se trouve entre elle et le Reybach 600 mètres plus bas.
La compagnie C est en réserve à l'arrière de la Ligne De Résistance (LDR) près de la cote 403, et se prépare à mener l'assaut du bataillon le matin suivant.

Le plan d'attaque du 1er Bataillon fut prêt à 20h et notifié dans le journal: Attaquer à droite du 3e Bataillon, les compagnies C,B,A en colonne; un groupe de mitrailleuse lourde avec les compagnies C et B, compagnie A en réserve.
Tard dans la journée le 3e Bataillon est transporté en camion depuis Jagertal vers Rothbach puis continuent à pieds vers la zone de rassemblement environ 3 kilomètres derrière la LDR.
Pendant la nuit, des petits groupes du 276e régiment d'infanterie osont retrouvés dans les bois, où ils avaient été abandonnés durant le retrait frénétique de leur unité.


14 janvier 1945 les américains avancent
14 janvier Pendant que les hommes se préparent à attaquer Hill 420, une section de mortiers de 4.2-inch (107 mm) à canon rayé capable de tirer des obus fumigène ou explosifs s'installe à Reipertswiller.
Des groupes des compagnies d'armement sont attachées à chaque compagnie d'infanterie pour gagner en puissance de feu.
Un escadron de tanks est disponible mais gardé en réserve pour être utilisé là où il y en aura besoin.
Des gars du génie avec détecteurs de mines accompagnent l'infanterie.

Pour le 3e bataillon du 157e régiment d'infanterie 3/157, la compagnie K avanceront sur la gauche, et compagnie L sur la droite, avec la compagnie I en réserve. Pour le 1er bataillon 1/157, les compagnies B et C doivent avancer avec A en réserve.

14 janvier Le bataillon monte en masse à l'assaut de Hill 421 et Hill 400.
Le plan est de prendre de front les crètes en partant du sud et du sud est. À cause d'erreurs de navigation l'attaque se passe sur toute la face sud.
14 janvier Co. A. est en position défensive vers le nord. Base départ assaut 14 janvier vers ouest puis nord.
Malgré une pluie mortelle d'acier, les américains continuent d'avancer. De 8h à 16h les hommes avancent de 1100 mètres.
14 janvier Hill 363 Les allemands tentent d'intercepter la Co. C, qui passe. pendant toute la bataille ils n'ont jamais été délogés de Hill 363.

14 janvier à Wildenguth le PFC MOORE sort la mitrailleuse de son trépied, pose la bande de munitions sur son épaule et avance en tuant 8 allemands. Citation pour la Silver Star: Silver Star pour le PFC MOORE

14 January 1945. Infantryman of 7th U.S. Army digs in on side of hill in Zinswiller area, France. D Company, 157th Infantry. Photo by Kohl, 163rd Signal Photo Company. SC 329268, Credit NARA. Courtesy Dave Kerr
14 January 1945. Infantryman of 7th U.S. Army digs in on side of hill in Zinswiller area, France. D Company, 157th Infantry.
Photo by Kohl, 163rd Signal Photo Company. SC 329268, Credit NARA. Courtesy Dave Kerr



15 janvier les US atteignent les sommets 15 janvier Au lever du soleil la Co. K se met en marche, faible résistance elle arrive à 12:30 au Hoch Ebersberg, Hill 420.
15 janvier Co. L arrive à son objectif: Hill 401
15 janvier Hill 390 Les americains atteignent les sommets, mais peuvent-ils les tenir?
15 janvier Co. I arrive à 16h: une section au nord et une au sud. Elle tient un front de 800 mètres. 2 ou 3 contre-attaques immédiates des allemands.

15 janvier au centre à Hill 341 la Compagnie B réussit à prendre une crète mais est rapidement repoussée (alors que K, I et L ont atteint leur objectif Hill 421 et 410).

15 janvier Hill 415 tout à l'est, le 1/157 fait contact et se replie le lendemain, remplacé par le 2d bataillon
15 janvier Co. F défend vers le nord. Contact avec Hill 363.
Les allemands savent que le 3e Bataillon n'est pas défendu sur ses flancs, et vont en tirer parti.
Le 3e Bataillon reçoit l'ordre de tenir ses positions le jour suivant.
Le 2e Bataillon de pousser les compagnies G et E sur le flanc gauche du régiment (Hill 401), relever les éléments du 1er Bat/315, et attaquer vers le nord ouest pour établir un lien avec la compagnie K sur Hill 420.
Le 1er Bataillon devra laisser les compagnies A et B en place jusqu'à ce que la compagnie C prenne la cote 363, puis avancer le Bataillon sur la cote 390 et sa crète, pour établir la liaison avec la compagnie L.

Hill 401 face sud vers le sud: Chateau de Lichtenberg
Hill 401 face sud vers le sud: Chateau de Lichtenberg - 2022
La visibilité est réduite, on ne voit que des arbres en permanence. Distance d'engagement 50/100m. Vu un chevreuil face nord.



Les américains renforcent leur positions mais les allemands bloquent les accès sud
Les américains renforcent leur positions mais les allemands bloquent les accès sud.
16 janvier 04h15 Les allemands massent artillerie, tanks, mortiers, roquettes et mitrailleuses sur les troupes enterrées dans le saillant.
Attaque allemande sur le flanc gauche de la compagnie K.

Le First Sergeant Maurice COHEN de la compagnie K se rappelle "C'est le pire bordel que j'ai jamais vu. Des morts et des blessés américains partout dans la zone. Nous n'avions aucun moyen d'avacuer les blessés, et encore moins les morts, avant la nuit".

Le Pfc William SAIN est blessé pendant cette action ajoute "Ces maudits Huns contre-attaquaient en masse. On empilait les morts des ennemis devant nos positions".

La section antitank est rappelée pour former le bataillon de réserve. SPARKS envoie la section antitank pour soutenir les tirailleurs assiégés. Le combat fait rage pendant une heure avant que les allemands ne soient repoussés. 50 corps recouvrent le sol devant la compagnie K.
Près de la moitié d'entre eux reposent ensemble en groupe, tués par des rafales de mitrailleuse.

Les pertes américaines sont élevées aussi. Les GIs fouillent les corps des ennemis morts et trouvent des papiers montrant qu'ils sont de la 12e compagnie, 11e régiment, Division Nord (donc qui ont été envoyés ici après s'être échappés de WINGEN le 7 janvier en se frayant un chemin à travers les lignes du 179th).
Même après la fin de l'attaque, les obus de mortiers tombent encore pendant que les hommes de SPARKS se démènent pour amener des munitions.
Les blessés amis sont évacués avec 16 prisonniers, en incluant les 6 faits prisonniers peu avant qui eux étaient du 476e régiment d'infanterie, 256e Division.
Les interrogatoires révèlent que cette unité avait relevé la 6e SS ce matin-là. Un soldat a entendu un officier qui a parlé de tenir à tout pris une position occupée par les américains.
Un autre a entendu que les unités SS recevaient des remplacements pour pouvoir continuer l'offensive.

Queue d'un obus US de 81mm Hill 421 face est Queue d'un obus US de 81mm marqué 1944
Queue d'un obus US de 81mm marqué 1944 trouvé Hill 421 face est en 2022

Cartouche 30.06 black tip Armor Piercing près d'un trou d'homme
Cartouche 30.06 black tip Armor Piercing près d'un trou d'homme - Hill 401 face nord - 2022
manuel de 1944 montrant les cartouches perforantes 30.06
du 16 au 20 janvier
du 16 au 20 janvier

16 janvier 15:40 Les allemands arrivent par derrière la compagnie I et par la gauche.

16 janvier Co. G renforcée par une section de la Co. E, reçoit ordre d'aller à Hill 401 avec Co. E avec deux tanks pour relever le 1er Battaillon, 315th Infantry (45th Div) et d'avancer pour rejoindre la Co. K sur Hill 420. Ils y arrivent en fin d'après-midi. À la nuit tombante alors que la jonction se fait avec la Co.K, les allemands les coupent en deux, séparant la compagnie G, la 2e section de la compagnie E et quelques mitrailleurs de la compagnie H du reste de la compagnie E, qui s'est retirée vers Hill 401. Les allemands ont coupé les compagnies E et G après avoir contourné et être tombé sous leur propre artillerie de Nebelwerfer!

Janvier 1945 PFC Merle E. Gum, ASN 36051074, PFC Robert E. Kunst, ASN 39162909, et un français.<br>
		Noter qu'ils ont installé une 12.7 à l'arrière d'un tank
Janvier 1945 PFC Merle E. Gum, ASN 36051074, PFC Robert E. Kunst, ASN 39162909, et un français.
Noter qu'ils ont installé une 12.7 à l'arrière d'un tank
De 19h40 jusqu'à minuit, des camions légers, des tanks légers et trois M8 Scout car roulent dans le Spielbaechel pour apporter du ravitaillement jusqu'à la selle entre les cotes 421 et 400, et évacuer les blessés.
Au même moment les allemands renforcent leurs accroche sur les flancs des américains. Juste après minuit, les deux bras allemands se sont rejoignent derrière les collines et les compagnies I, K, L, C et G, avec des portions de D, E et M sont encerclés par l'équivalent d'une compagnie allemande.

Les allemands tendent une embusade à trois jeeps qui apportent du ravitaillement.
Le Capitaine Alfred MILLER qui s'en est sorti vivant se souvient "Je revenais juste de l'hôpital et montais avec le train de rations pour rejoindre la compagnie. Au détour d'un virage on s'est retrouvés sous un tir de mitrailleuses et fusils. On s'est tous mis dans le fossé d'un côté de la route et j'ai roulé jusqu'à atteindre un endroit couvert. Après avoir tiré sur les véhicules, les allemands ont commencé à envoyer des grenades à fusil sur les hommes au sol. J'ai vu un homme prendre un coup direct en plein visage et tomber mort. Les grenades tombaient près de moi et j'ai rampé jusqu'à une autre position sans être touché. Ainsi je suis revenu jusqu'à nos lignes."

Deux chars légers restent en avant, sur la face opposée à la selle, leur canon de 37mm dirigé vers l'arrière. Bronze Star citation Lt. Castro
Citation pour la Bronze Star du Lt Castro

Du 13 au 16 janvier, le 3e bataillon a perdu 118 hommes: un tiers de ses effectifs sont morts ou blessés.

16 janvier 1945 Des soldats de la compagnie D du 1er Bataillon vont vers leur nouvelle position au dessus de Zinswiller où le combat est sérieux
16 janvier 1945 Une équipe mitrailleuse (de la Compagnie B ou D) du 1er Bataillon du 157th va vers sa nouvelle position au dessus de Zinswiller où le combat est sérieux.

plan 17 janvier
Les américains tentent d'atteindre les compagnies isolées mais manquent de puissance après trois jours de combat.

17 janvier 1h50 le 2e Bat rapporte "Un prisonnier allemand de la 2e Compagnie du 11e Regiment SS, avec la 3e compagnie -soit entre 120 et 130 hommes- ont pour mission est de s'emparer de la colline où la compagnie K se trouve. La 1re Co. est en réserve à l'intersection Route de la Kundershaft et route de Mouterhouse (cad à l'ouest de l'étang de Baerentahl). Ils ont monté la Route de la Kundershaft jusqu'au col du Kammbuhl, puis vers l'ouest par une piste. Ils ont monté 2 mortiers à dos de cheval. Il y a 2 jours ils ont entendu notre 3e Bat dans la grille 8134. Dans ce régiment (11SS) ils ont entre 18 et 24 ans".

2h00 la Co. A rapporte que son secteur est calme, et ils ont pris contact avec le 36th Engineers.

Selon toujours le même schéma, pendant des heures l'artillerie frappe avec une précision mortelle: de toute évidence les allemand sont des observateurs infiltrés derrière les lignes américaines, reliés par câble téléphonique.
L'artillerie frappe les voies d'accès et même les PC de Reipertswiller et Lichtenberg. 9h30 Environ une heure après le lever du soleil, une patrouille de la compagnie B atteint loin en terrain ennemi un groupe de trois jeeps, prises en embusade, des GIs morts tout autour. L'embuscade a tué ou capturé tous les américains. Ne trouvant personne vivant, la patrouille retourne juste à temps pour repousser une attaque allemande provenant du nord-est.

9h50 la Co.B demande l'artillerie entre cote 400 et 363.

14h05 Les compagnies K et G sont attaquées par des troupes venant de l'Eckerbach.
14h20 la Co.G rapporte que l'ennemi est derrière elle. La Co. K demande de racourcir l'artillerie.

15h45 Le Co. F et A sont bloquées par des positions défensives et ne peuvent avancer.

16h00 la compagnie B du Lt Castro rapporte que lui et ses hommes sont solidement en place, que ses deux sections sont réduites respectivement à 6 et 16 hommes (au lieu de 30), et qu'une position de mitrailleuse de la compagnie D a été touchée par un tir direct de mortier, du coup il ne reste que deux mitrailleurs. Quatorze hommes sont envoyés en renfort à la compagnie B et plus tard dans la soirée dix hommes de la compagnie D lui sont fournis en plus.
Tard dans l'après-midi avant même que la compagnie composite n'ait pu commencer l'attaque, la compagnie B repousse une contre-attaque allemande venant du nord-est.
Peu après le début de l'obscurité la compagnie composite remonte le cours du Spielbach derrière les deux chars légers.
Le commandant le Capitaine CANNON et les deux sections antitank sous les ordres du Lieutenant BERG et du Lieutenant HAINEY s'éloignent du chemin principal de la vallée et approchent la compagnie B par un chemin qui court juste sous la crète sur laquelle se trouve la cote 341, ils se déplacent en parallèle du reste de la compagnie et des deux tanks légers qui suivent le long de la piste.
Les deux groups se heurtent à des tirs nourris. Le Capitaine CANNON est tué et Lt. HAINEY blessé. Les deux sections antitank se replient à leur position de départ sous le contrôle du Lt BERG.
Les tanks et le QG de la compagnie sous les ordres du Lt FARLEY, qui les accompagnaient, se replient sur la route de Reipertswiller.

Sparks rend compte a son supérieur le colonel O'Brien au QG que pour éviter un encerclement il faut se replier. Le supérieur approuve et envoie le message au général Frederick, qui répond par la négative car "Se replier c'est montrer nos faiblesses".

Le Col. O'Brien ordonne à une compagnie composite appuyée par deux tanks M5 Stuart "Votre mission est de protéger les chars légers pendant qu'ils nettoient les arrières des 2e et 3e bataillon".
Le soir le Lt. Willis R. TALKINGTON de la section A&P (Génie) du 3e Bataillon se porte volontaire, charge un tank de rations, matériel médical et autre ravitaillement, et part vers la zone des combats. Il combat pour se frayer un chemin.

Fusée américaine M54 pour obus de 75mm, 105mm ou 155mm
Fusée M54 sur le terrain - 2023 Fusée M54 après nettoyage Fusée M54 tirée mais propre schéma éclaté M54 schema fonctionnement fusée M54
Sur le terrain on trouve beaucoup de fusées M48 PD (Point Detonating) avec un percuteur poussé par la terre/le bois vers une amorce. Si la vis de réglage est verticale c'est Superquick explosion 0.05 secondes après impact (sinon 0.15 secondes: l'obus rentre dans le sol ou le bunker et explose juste après).

Avec la M54, le délai va jusqu'à 25 secondes.
Le petit trou du haut sert à obstruer le canal superquick comme sur une M48.
Une fois la sécurité enlevée, le départ du coup pousse l'obus contre une pièce interne qui percute une amorce et enflamme de la poudre noire compressée d'où le très long délai réglable.

Ainsi, en cas d'impact le percuteur du M48 tape l'amorce et la flamme descend verticalement, si l'interrupteur (sécurité centrifuge qui pousse une pièce obstruant le canal quand l'obus est en rotation à cause des rainures du canon) libère la voie par la force centrifuge. Sinon, c'est le long délai qui fait exploser l'obus.

En bref cet obus a deux percuteurs, deux amorces, il explose immédiatement et s'il n'explose pas, explose quand même 25 secondes après: il explose à tous les coups.



18 janvier Froid, pluie et neige. Pour les GIs encerclés, la situation devient désespérée. Tôt le matin (juste après minuit) des tanks US tentent de percer l'encerclement. Le Lt. Willis R. TALKINGTON monte le long de la piste. Une remorque a été accrochée à chaque tank pour porter le ravitaillement. Mais le temps glacial joue contre eux. Après une courte distance, les deux tanks commencent à glisser le long de la piste gelée. Les choses empirent quand un des tanks tombe dans un fossé et se renverse. TALKINGTON essaye une autre tactique. Il charge tout le ravitaillement à l'arrière de l'autre tank et abandonne la remorque. Ceci permet au tank de bouger, il parvient jusqu'à la compagnie I sans être attaqué par les allemands. Ce sera le dernier ravitaillement reçu par les soldats encerclés.

Le char léger qui est parvenu jusqu'à la selle la nuit d'avant avec des munitions et des rations tente de revenir vers l'arrière. Il est pris en embuscade au bazooka au pied de la cote 420, les trois membres d'équipage sont blessés et capturés, mais dans la confusion le Lt. TALKINGTON réussit à s'échapper dans l'obscurité, malgré une blessure légère. Citation pour la Bronze Star Page 153

18 janvier À l'aube une attaque allemande violente au lance-flammes dégage les compagnies E et G de leurs positions sur Hill 420. Ils sont repoussés mais reviennent en force. Malgré leurs pertes, les allemands savent que les munitions des encerclés s'épuisent. L'attaque a été si rapide et initiée depuis une si courte distance qu'ils n'ont pas le temps de réagir. Quelques survivants ont rapporté que les allemands ont utilisé des lance-flammes lors de cette attaque. Les compagnies E et G ont été délogées de leurs positions. Beaucoup d'hommes ont été tués ou capturés et toutes les mitrailleuses (probablement six) ont été perdues lorsque les 30 survivants se rabattent sur la compagnie K. Seulement 18 hommes de la compagnie G parviennent jusqu'à la compagnie K, et il est possible que tous les hommes de la compagnie E aient été perdus, parce qu'il n'y a plus aucune mention de cette unité dans les rapports. Affamés, les SS investissent les positions de la compagnie G pour chercher de la nourriture. Fouillant dans l'équipement, ils tombent sur une radio SCR-300 en fonctionnement. Leur commandant de compagnie le colonel Helmut RAITHEL, la ramène à un poste de commandement. Une recherche rapide fournit un soldat qui a vécu à Chicago avant la guerre et parle bien anglais. Il se met à traduire les communications radios US.

18 janvier Dans le périmètre tenu, les restes des compagnies C, G, I, K et L sont presque à court de munitions et n'ont plus de matériel médical pour soigner les blessés.
Certains des hommes n'ont rien mangé depuis deux jours.
Pourtant ils tiennent et prient pour que leurs camarades du 157e puissent les atteindre.
Les compagnies encerclées sont encore en contact radio avec le Quartier Général.
Ils rendent compte qu'ils repoussent des attaques ennemies mais les SS équipés d'armes automatiques réussissent à les infiltrer partout autour d'eux.
Les observateurs d'artillerie allemands tiennent de bonnes positions.

18 janvier Le Lt. BERG -le seul officier survivant de la compagnie antitank- reçoit l'ordre du Lt.Col. KRIEGER d'avancer pour rejoindre les restes de la compagnie B. BERG organise les survivants de deux sections antitank en une seule section sous son contrôle, il mène ce groupe à l'est sur la cote 341 puis a bouge vers le nord pour rejoindre la compagnie B. À cet instant, Lt.BERG a 19 hommes avec lui et la compagnie B en a autant. Le QG du Lt FARLEY est quelque part en arrière -la compagnie composite a cessé d'exister, sauf dans l'imagination du staff du régiment.

Char léger M5 Stuart, janvier 1945
Char léger M5 Stuart, janvier 1945

Le Lt. SEAY, un officier du bataillon de transport, se porte volontaire pour faire remonter le Spielbaechel à deux chars légers pour renforcer la défense de la compagnie B. Malgré qu'un des deux tanks doive s'arrêter temporairement quand son conducteur est blessé par l'artillerie, les deux réussissent finalement, passant à côté du tank qui s'était renversé la nuit avant, ils prennent position sur la gauche de la compagnie B.
M8 Scout car
M8 Scout car

Silver Star
Silver Star décernée au sergent Zeek du 191e Bataillon de tanks. Il a reçu l'ordre le 18 janvier de mener son escadron de tanks mediums pour atteindre une unité américaine coupée par des tirs ennemis. Il a été prévenu de verrouiller les écoutilles car un chef de M8 Command Car a été descendu par un sniper. Cependant, sur zone il s'aperçoit que ses vues sont limitées donc reste debout dans la tourelle pendant une heure, malgré l'artillerie et les armes légères, en dirigeant continuellement la mitrailleuse et le cannon sur des positions ennemies à courte portée. Quand trois soldats ont été blessés en un endroit exposé à 30 mètres du tank, le sergent Zeek et un autre soldat ont courru vers les blessés et les ont ramené sur le tank, les ont soignés et les ont ramené en arrière.

Les restes du 3e bataillon (ceux pas encore encerclés) ont tentent eux aussi d'attaquer selon un ordre désespéré du régiment. Tard dans la matinée la section antitank et trois M8 sout cars attaquent en remontant le Spielbaechel et la face est de la crète de la cote 350. Bien que la section du Lt. BERG et celle du Lt. SEAY et deux tanks soient parvenus récemment à passer à travers la zone sans interférence ennemie, ce groupe ne peut avancer que de quelques centaines de mètres avant d'être plaqués au sol par des tirs défensifs. Le Lt. BAZE, dans le scout car de tête, est mortellement touché par un sniper. Les scout cars et beaucoup d'hommes de la section antitank se replient, mais plusieurs restent à leur place, cloués au sol.

Char moyen sherman et jeep tentent de ravitailler les troupes qui occupent le sommet. Marqué 15 janvier.
Char moyen sherman et jeep tentent de ravitailler les troupes qui occupent le sommet. Marqué 15 janvier.
Bien que souvent présentée comme une photo de Reipertswiller, après avoir longuement arpenté le terrain j'affirme que cette photo a été prise ailleurs. Le site trailblazersww2.org indique cependant que la photo a été prise le 1er mai 1945 Signal Corps Photo 169-16 dans les Alpes bavaroises d'où toute cette neige en mai.

plan 18 janvier
Avec des renforts, les américains continuent les tentatives pour atteindre les compagnies encerclées.
Les allemands lancent une attaque réussie sur le sommet et délogent la compagnie G.
18 janvier Le caporal allemand Johann VOSS atteint une position directement derrière la compagnie I et près de la piste que les américains utilisent pour amener du ravitaillement. Il écrit plus tard "Ma position de tir était sur une pente raide vers l'avant, un découvert qui tombait en bas sur une piste au fond d'un ravin, qui menait à une selle entre les deux sommets, un des sommets que nous venions de passer. Nous avons placé notre arme sous un affleurement rocheux et ... On a commencer à creuser dans le sol gelé." VOSS réalise que la piste est la ligne d'approvisionnement de l'ennemi. Il l'observe avec ses jumelles et voit un petit pont sur la gauche. Là-bas quelque part, il sait que quelques soldats ont été postés le long de la piste avec des Panzerfausts, mais il ne peut pas les voir. Depuis son point de vue dominant la piste, Johann VOSS voit une partie des combats qui fait rage ce jour-là et cette nuit du 18. À un moment il entend le grondement d'un moteur, peu après un tank américain est en vue. VOSS se souvient que le tank venait du sommet de la colline. Un des camarades de Voss ouvre le feu avec sa mitrailleuse. Les balles rebondissent sur le blindage et il se rapproche sur la piste. Soudain un Panzerfaust sorti de nulle part “Ouah! Une boule de feu! Le tank s'arrête net et dégagea de la route” VOSS écrit. Il regarde l'équipage se sortir du tank seulement pour être capturés en quelques instants par les SS. Malgré son expérience, c'est la première fois que le jeune soldat voit un tank détruit.
Alors qu'il exulte dans cette petite victoire, il se demande ce qui se passerait si les américains envoyaient d'autres tanks.
En bas les américains continuent de tirer, et plus de leur infanterie apparaît. Ils commencent à presser les allemands, VOSS craint qu'ils ne parviennent à percer. Soudain, une autre salve de Nebelwerfer hurle comme la nuit précédente. Le premier coup manque, mais les deux suivants touche les canons antichar, les détruisant.


19 janvier Avion C47 largant des parachutes de ravitaillement Les soldats encerclés dans les montagnes continuent à résister à des attaques allemandes à 7h15, 7h40 et 15h25 et subissent de l'artillerie lourde.
Les allemands réussisent à percer, ils s'enterrent derrière des rochers (à 30 mètres des trous américains, j'ai trouvé sur le terrain derrière des rochers des étuis de 9mm -MP40- et de 7.92).
Les munitions commencent à manquer, en particulier pour les compagnies K, I, et G. Le nombre de morts et blessés augmente.
Mais ils sont encore en contact par radio avec le PC, malgré que les batteries commencent à faiblir.

Le Staff Sergeant Bernard FLEMING, chef de groupe se souvient "Mon groupe était dans un fossé avec trois mitrailleuses contre nous. J'ai demandé un volontaire pour aller chercher de l'aide. Il n'a fait que 50 mètres avant qu'une mitrailleuse le descende. J'ai demandé un autre volontaire et il n'a fait que 10 mètres avant d'être touché aux jambes. Je suis sorti pour le ramener à couvert avant de crier aux autres que j'allais revenir moi-même en arrière. Je ne sais pas comment mais j'y suis parvenu. J'ai vu le Colonel SPARKS et lui ai dit ce qui s'est passé."

Le colonel O'Brien organise des parachutages pour le lendemain.

Il y a deux chars moyens au poste de commandement avancé du colonel, mais ils ne peuvent pas passer à cause du char léger qui s'est retourné, donc pendant que SPARKS prépare son plan de sauvetage, un véhicule de remorquage remonte la piste et tire le tank vers l'arrière. La piste devenue libre, SPARKS dirige les deux chars moyens. Malgré l'artillerie il parvient à libérer les hommes de la section antitank après avoir tiré dans les arbres quelques 5000 cartouches de mitrailleuse calibre .30 et dirigé le tir du canon de 76mm. Sous le feu ennemi, SPARKS descend du tank pour mettre des blessés à couvert, en mener d'autres en sécurité, évacuer des blessés sur la plage arrière des tanks, qui descendent la piste.
Col. Sparks Bronze Star citation
Citation pour la médaille Bronze Star du Colonel Sparks. C'est la quatrième plus haute distinction pour bravoure, héroïsme et mérite, derrière la Medal of Honor, la Distinguished Service Cross et la Silver Star.

Sur le flanc droit du régiment, les compagnies A et F et G/179 répètent leurs attaques contre la cote 363, sans succès. Plus tard le G/179 et deux chars moyens essayent de monter le Fliesstahl pour établir un lien avec la droite de la compagnie B, mais après avoir parcouru une courte distance ce groupe est stoppé par des tirs lourds et des arbres tombent en travers du chemin. Un des chars moyen glisse dans un fossé et se retourne. Pendant plusieurs heures le commandant de compagnie et plusieurs de ses hommes sont coupés des tanks.

La compagnie B et le E/179 sont supposés attaquer avec le G/179, mais ne peuvent progresser à cause de tirs intenses. Deux autres chars moyens montent jusqu'à un point pas loin de la compagnie B et tirent leurs mitrailleuses contre des positions allemandes devant la compagnie B. Toutefois ces tirs sont inefficaces et la résistance à laquelle fait face la compagnie B ne faiblit pas. Le 1er bataillon ne réussit pas à avancer d'un mètre.

Tard dans l'après-midi, les hommes qui avaient été évacués de la Composite Company pour épuisement sont rassemblés, couplés aux hommes de la compagnie du quartier général sous le Lieutenant FARLEY, et ce groupe est envoyé pour combler l'écart entre G/179 et la compagnie F.
À gauche de la compagnie B, l'attaque du 2e bataillon 179e d'infanterie, est bloquée par des arbres abattus, qui empêchèchent le soutien des chars et par des tirs d'artillerie lourde et d'armes légères. Aucun terrain n'est gagné. Dans le même temps, les restes de la compagnie E, renforcés par des cuisiniers et du personnel du quartier général, renouvèlent leurs attaques sur la crête menant à la cote 420, également sans succès. Le colonel O'BRIEN est maintenant bien conscient que la probabilité de percer les compagnies encerclées est mince. Il institue des plans pour réapprovisionner les sommets des collines par largage aérien le lendemain.

Le 2e bataillon, 411e d'infanterie (103e division d'infanterie), a été attaché au régiment et se déplace dans la région en fin de journée. Les plans pour le lendemain restent sans inspiration et axés sur le soulagement des compagnies piégées par la saisie des collines 363 et 390. Le 2e bataillon, 411e d'infanterie, reçoit l'ordre d'attaquer la colline 363, puis de s'emparer de la colline 390, puis d'attaquer sa crête est jusqu'à la vallée au-dessus de Reybach. E/179 et F/179 simuleraient une attaque, et toutes les autres unités devaient tirer toutes les armes dans un effort supplémentaire pour confondre les Allemands quant à l'attaque principale réelle.


20 janvier Le matin est froid, et bientôt, tempête de neige.
Des parachutages sont prévus le matin par fort blizzard, les avions attendent une accalmie pour décoller. Mais aucune accalmie ne survint.
À 12h50 le 3e Bat rapporte que l'artillerie a bien enfûmé la zone où les avions étaient supposés larguer la nourriture, mais les avions ont fait deux tours dans le ciel et n'ont rien largué.

Le 2nd Battalion, 411th Infantry, 103rd Division arrive et attaque trois fois Hill 363, sans succès: coupé en deux il se réorganise, renouvelle son attaque mais est stoppé avant l'après-midi.
Les batteries des radios sont si faibles que la communication deviennent instable.

Le colonel O'BRIEN ne veut pas abandonner ses soldats, donc il donne l'ordre au 3e Bataillon encerclé de tenter une percée vers le sud-ouest pendant que les autres compagnies tireront leurs armes pour distraire l'ennemi. La percée devra commencer à 15h30.

Juste après midi les SS envoient un groupe avec drapeau blanc de trève. L'officier supérieur américain restant, le capitaine Byrd CURTIS de la compagnie K, les rencontre.
Les allemands montrent à Curtis leurs positions sur une carte pour prouver qu'ils sont bel et bien encerclés. Les officiers SS ont promis de ne pas maltraiter les prisonniers.
Les américains ont jusqu'à 17h pour se rendre, sinon ils seront écrasés.
Les survivants du 157e votent. Tous les 100 qui restent votent pour continuer le combat.
Presque au même moment, le régiment reçoit l'ordre de se replier dans le cadre d'un repli global de la 7e armée.

L'infanterie allemande prend les GIs épuisés en grande quantité, la Compangie C sur la face sud de la cote 402 est capturée.

À 15h30, le reste des troupes de cinq compagnies sortent de leurs trous qu'ils ont occupés pendant cinq jours et commencent à bouger vers l'arrière.
Bientôt l'artillerie commence à tomber, envoyant des éclats mortels à travers l'air gelé. Un officier se prend un coup direct et juste disparaît pulvérisé par l'explosion (MIA: Missing In Action).
La tentative de percée stoppe net.

Depuis le 16 janvier la compagnie K est encerclée sur la face nord de la côte 420 (421 carte IGN). Elle est sur le point de tenter un repli vers l'ouest, en descente.
Pour celà elle demande à l'artillerie des fumigènes au point 805395


	16h15 : Msg du Cmdt. Compagnie K - "On est prêt à y aller. Envoyez tout ce que vous avez"
	16h20 : Msg du Cmdt. Compagnie K - "Envoyez tout" Et on le fait.
	16h21 : La compagnie K appelle pour demander d'envoyer toute l'artillerie. Feu.
	16h22 : Message de la compagnie K - "Nous nous rendons."
	16h24 : Les mortiers de 81mm et l'artillerie reçoivent l'ordre de tout enfumer.
	16h26 : Radio Compagnie K - "Impossible de sortir"
	16h33 : Pas de réponse des compagnies I, K, L.


En sachant qu'à ce moment les compagnies G et C ont été anéanties.
À 17h40 seulement deux hommes Pfc. Benjamin MELTON et Private Walter BRUCE de la Compagnie I viennent au rapport au PC du 3e Bataillon et sont immédiatement évacués pour épuisement nerveux.
Ils rapportent que les compagnies avancées ont 75% de pertes (certains avec deux ou trois blessures) et que tous les hommes ont été tués ou capturés.
Ils se sont rendus car ils voulaient absolument faire soigner leurs blessés.
Plus tard un rapport arrive disant que la tentative de percer a été repoussée. Ils reçoivent l'ordre de recommencer.

MELTON rapporte “À 15h30 le 20 janvier, on a attaqué vers l'arrière en essayant de percer les lignes allemandes qui nous séparaient du reste de notre régiment. Les munitions étaient faibles mais on a progressé jusqu'à ce que l'ennemi envoie son artillerie directement sur nous. Certains hommes ont été mis en pièces, j'ai vu un officier se prendre un coup direct et juste disparaître. J'ai été projeté au sol plusieurs fois par le souffle des explosions mais je n'étais pas blessé. On a compris que nous ne pourrions pas sortir donc nous sommes revenus dans nos trous qui nous offaient un minimum de protection.
Les allemands nous ont proposé de nous rendre à 17 heures mais je me souviens avoir lu à propos du massacre de Malmedy et je ne voulais pas rester là pour me faire tuer de sang froid. Ensemble avec Walter Bruce et un autre camarade dont j'ai oublié le nom, j'ai décidé d'essayer de revenir à nos lignes. L'autre gars fut vite tué par une mitrailleuse mais Bruce et moi nous sommes revenus au PC du Bataillon. On est passé par les pentes en restant en dehors des pistes et chemins. On a vu des traces laissées par les shoe-pacs américaines (chaussures d'hiver) et on les a suivies pendant un moment, jusqu'à tomber sur un demi-abri qui couvrait un trou d'homme. On est restés à couvert jusqu'à voir un américain regarder dehors depuis l'intérieur de l'abri. Vous pouvez imaginer comment nous étions contents de voir ce gars.
L'artillerie et les mortiers là-bas sont les pires que j'ai jamais vu. Au moins trois quarts des hommes sur la colline sont blessés, et quelques uns en ont deux ou trois. Jusqu'au dernier jour on a placé les blessés dans des trous d'homme avec d'autres blessés pour que ceux qui n'étaient pas blessés puissent les protéger et les aider. On n'avait pas de matériel médical, pas de nourriture, et pas de chaleur pour faire fondre la neige pour boire. Une fois on a trouvé une boite de rations sous une pile de munitions. On a donné toutes les rations aux soldats blessés.”


Le 3e Bataillon a été anéanti sur place.

On parle souvent du massacre de Malmedy mais jamais du 15 avril 1945, quand des soldats américains de la 63e division d'infanterie perpétrèrent le massacre de Jungholzhausen, au cours duquel ils tuèrent entre 13 et 30 prisonniers de guerre de la Waffen-SS et de la Wehrmacht à Braunsbach.
Et Reipertswiller on n'en parle pas trop non plus.

21 janvier Le 157e Régiment est retiré de la ligne de front à cause des pertes élevées, en laissant derrière lui six compagnies encerclées, pendant que la neige continue de tomber.
En pratique, le 3/157 de SPARKS est anéanti, et les deux autres bataillons ont subi de lourdes pertes.
Dans les semaines à venir, d'autres divisions de la 7e armée seront combinées pour reconstituer la force du 157e.

22 Janvier 45 La 45e Division recule et établit son PC à La Petite Pierre

23 Janvier 45 comme les allemands avancent près d'Haguenau et Lichtenberg, les US font sauter leur pont sur la Moder à Pfaffenhoffen (Val de Moder) (Les allemands l'avaient fait sauter fin 44 pour freiner l'avance alliée, les américains en ont construit un en décembre 1944) et les unités d'artillerie se replient encore. Par exemple à Morschwiller, l'artillerie US qui tenait cette position d'artillerie idéalement placée derrière une colline pour tirer sur Swcheighouse et Haguenau, enterre des obus de 75mm à 80cm sous terre et se replie. Ils seront retrouvés en 1990 lors des travaux de terrassement pour construire les fondations de la maison de mon ami Richard. Le pont de Pfaffenhoffen (Val de Moder) sera reconstruit en mars par les américains pour reprendre leur avance puis passer le Rhin.

25 janvier Face à la situation alarmante sur le front de l'Est, Adolf Hitler ordonne l'arret des opérations en Alsace: fin de l'Opération Nordwind.

17 février La 45e Division est retirée du front pour se reconstituer, elle part établir son PC à Luneville (Meurthe et Moselle). La 42e Division prend la relève.

18 février Bronze Star décernée à trois soldats de la 42e Division d'infanterie pour un combat dans le bois près de Rothbach

Bronze Star décernée à trois soldats de la 42e Division d'infanterie pour un combat dans le bois près de Rothbach

20 Février 45 La 45e Division recule et établit son PC à Luneville

28 février 1945
Radio Motorola SCR 300
Radio Motorola SCR 300. Portée entre 4 et 8 Km selon l'antenne
Bronze Star décernée au 2e classe Albensi pour héroïsme près de Reipertswiller.
Membre d'une patrouille de reconnaissance de cinq hommes qui a pénétré de 1500 mètres dans les lignes ennemies, ils sont pris à partie par deux mitrailleuses et environ 25 allemands à moins de 50 mètres. Albensi blessé à la jambe est forcé de détruire la radio SCR 300 qu'il transportait. Malgré sa blessure il a couvert le repli de la patrouille en tuant 7 allemands.

La patrouille n'a eu qu'un blessé, le sergent Kreuchauf a tué deux allemands et a lui aussi reçu une Silver Star (page 52).
Le 2e classe Merril en a tué deux avec son fusil et lui aussi reçu une Silver Star page 53

Le 2e classe Olson en a tué trois avec sa mitraillette et lui aussi reçu une Silver Star page 53

Le 2e classe Pierce a soigné le blessé et aidé à détruire la radio, et lui aussi reçu une Silver Star page 54-55

3 mars 45 Silver Star décernée au PFC Mandera 42d Inf Div. Alors qu'il marchait dans la foret montagneuse en tête d'une patrouille de combat à Reipertswiller, il est pris à partie par une mitrailleuse lourde à 25 mètres de lui et blessé à la main par des éclats de grenade.

Silver Stary décernée au PFC Mandera 42d Inf Div.

9 au 12 mars 45
D'après les archives des combats ont eu lieu jusqu'en mars 1945, plusieurs médailles Silver Star ont été décernées, les allemands étaient solidement installés dans le coin. Silver Star décernée à trois soldats pour une reconnaissance

page 92 Près de Lichtenberg le sous-lieutenant Chuck a mené une patrouille de combat de 39 hommes sous le feu constant de mortier et armes légères. Après s'être replié il s'est aperçu que deux hommes manquaient. Il est retourné au carton sous le feu d'artillerie mortiers et armes légères et a ramené les deux blessés.

page 92 Le sergent Johnson a obtenu la Silver Star. Après avoir pris les Cotes 301, 335 et 346, pendant que sa compagnie B établissait un périmètre de défense pour la nuit, un de ses hommes a repéré un mortier depuis le haut d'une colline. Le sergent a tiré deux coups de lance-roquettes, faisant sortir deux allemands qui ont été descendus par les fusil-mitrailleurs BAR. Armé d'un pistolet et d'une grenade, il est descendu vers la position de mortier. Sa grenade a fait sortir un officier allemand et deux soldats, l'un d'eux fut descendu, les deux autres capturés.
16 mars 45
Obus au phosphore US sur Reipertswiller Obus au phosphore US sur Reipertswiller Obus au phosphore US sur Reipertswiller Obus au phosphore US sur Reipertswiller
Reipertswiller. Après la bataille, une équipe de mortier de 60mm continue sa route vers l'Allemagne
Reipertswiller. Après la bataille, une équipe de mortier de 60mm continue sa route vers l'Allemagne
équipe de mortier US à Reipertswiller mars 1945
Reipertswiller 16 mars 1945 une équipe de mortier de 60mm de la 42d Division continue de se battre

page 91 le Lieutenant Squires a obtenu la Silver Star avec feuilles de bronze lors de l'attaque le de la Cote 301 sa compagnie B a été clouée au sol par de l'artillerie mortiers et armes légères. Il est sorti de sa position en criant de le suivre et a personnellement pris une position ennemie.

30 avril 45 Adolf Hitler se suicide.

Pertes MIA / MIA

Conclusion

Livres

Liens/sources

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